CATALOGUES NUMERO 23 – NOVEMBRE 2010 CLOU MAGAZINE FSO POLONEZ

CLOU – MAGAZINE

NUMERO 23 – NOVEMBRE 2010
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LES POUBELLES DE L’HISTOIRE : FSO POLONEZ

L?industrie automobile des pays de l?Est, dans les années soixante-dix, offrait peu d?événements marquant pour l?amateur. Dans la plupart des cas, les gammes se composaient d?anciens modèles (souvent de chez Fiat) qui revenaient à l?identique chaque année.

Ainsi, la Pologne ne diffusait en occident que la FSO Polski-Fiat, un succédané de Fiat 125, qui restait basé techniquement sur les archaïques 1300 / 1500 nées au début des années soixante.

Aussi ce fut un coup de tonnerre dans le Landerneau du journalisme automobile, quand fut annoncé en 1978 un tout nouveau modèle chez FSO. Oui, un vrai nouveau modèle avec carrosserie moderne à hayon, tableau de bord généreusement achalandé et plein d?autres surprises !

En fait, en regardant bien la carrosserie, quelque chose clochait? dans les proportions, la hauteur de caisse? un sentiment indéfinissable. En lisant la fiche technique, tout s?éclaira : les soubassements de la 125 et sa mécanique préhistorique avaient repris du service !

La ligne est signée Giugiaro (encore lui !) qui a refourgué les plans de la Hyundai Pony, adaptés aux cotes de la Fiat 125.  
Ainsi la tenue de route et l?aisance de conduite n?avaient-ils enregistré aucun progrès… et la vitesse était donnée pour "plus ou moins 150 km/h".

Bien, bien ! Donc toute l?énergie créative des ingénieurs a dû s?exercer dans l?aménagement de cette carrosserie aux lignes très actuelles, peut-on supposer.

A l?arrière, le hayon s?ouvre sur un seuil tellement haut qu?il décourage tout effort, et toute l?ingéniosité du bureau d?études n?a pu aboutir à mettre au point une banquette rabattable ! Ainsi le coffre devient-il une sorte de puits sans fond où les objets se perdent pour l?éternité.

Le coffre, plus petit et moins accessible que celui de la 125.  
Au volant, on se prend à rêver devant ce tableau de bord aux multiples cadrans, qui comporte même un compte-tours. Il faut dire que cela permet de distraire le conducteur de la conduite fort ennuyeuse de l?engin, qui se conduit en tenant fermement le volant d?une poigne de fer pendant que les kilomètres défilent au ralenti.
Le compteur kilométrique ne comporte que cinq chiffres (A quoi bon un sixième ?), tandis que le large volant permet de compenser l’absence d’assistance. De nombreuses vis cruciformes constellent le mobilier intérieur, permettant de fixer tous les bouts de plastique noir les uns aux autres.

Enfin, je précise que la couleur du siège sur la photo ci-contre est bien celle d’origine et non le résultat de dix ans d’expositions aux ultra-violets…

Le prix très agressif de ce modèle, et le dynamisme de son importateur, lui assurèrent un relatif succès dans nos contrées. Il connut même une descendance sous le nom de Caro, Atou et, pour finir, le pick-up Truck qui se caractérise par l?impossibilité de trouver des pièces de rechange en cas de panne (ce qui se produit fréquemment) en raison de l?absorption de son constructeur et de la faillite du distributeur.

Parce qu?en plus de sa technologie dépassée et de son aspect pratique négligé, la Polonez se décomposait assez vite (reconnaissons-le, ce n?était pas la seule à l?époque), et sa valeur résiduelle en occasion tendait vite vers le zéro absolu.

Donc, comme la plupart des clous illustrés dans "les Poubelles de l’Histoire", c’est une espèce en voie de disparition à sauver.


 

Quand Star Trek rencontre le machinisme agricole…  
Laurent Bunnik

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