CATALOGUES NUMERO 21 – SEPTEMBRE 2010 CLOU MAGAZINE HILLMAN IMP

CLOU – MAGAZINE

NUMERO 21 – SEPTEMBRE 2010
PAGE 3

LES POUBELLES DE L’HISTOIRE : HILLMAN IMP

Dans le revue des gloires fanées de l’Empire Britannique, nous ficherons la paix cette fois-ci à la British-Leyland-Austin-Rover-Motor-Corporation (Celle-ci n’ayant quand même pas le monopole des clous) pour nous intéresser à la concurrence. Le modèle dont nous allons parler est assez rare chez nous mais mérite d’être connu sous plusieurs aspects.
 

Le groupe Rootes, plus tard racheté par Chrysler puis par Peugeot, comportait dans les années 60 les marques Hillman, Singer, Sunbeam et Humber dont la gamme comportait essentiellement deux séries de modèles rebadgés. 
Depuis longtemps, il manquait à ce constructeur une série d’entrée de gamme, cette lacune devenant insupportable depuis le lancement de la Mini en 1959. Celle-ci explosait tous les records de vente d’autant plus facilement qu’elle ne rencontrait aucune concurrente, à part la lointaine Fiat 500.
Le bureau d’études Rootes aurait pu copier la recette de la Mini… mais en cette période de croissance économique et d’audace technique, il fut décidé d’innover dans tous les domaines.
La Mini est une traction avec un antidéluvien moteur en fonte, l’Imp aura un moteur arrière, inédit et tout en alliage ! Le style de la Mini est rondouillard, celui de l’Imp sera rectiligne, dynamique et moderne !
A ce propos, les stylistes ne s’embarrassèrent pas de scrupules et copièrent sans vergogne la Chevrolet Corvair de 1959.

Le style "Corvair" dans sa version british…  

Certes, il n’étaient pas les seuls, car les constructeurs de voitures à moteur arrière européens furent nombreux à suivre cette voie (NSU Prinz et Simca 1000 en 1961, Renault 8 en 1962…) mais l’Imp s’afficha bonne dernière en mai 1963 (J oublie la Zaporojetz russe en 1968, mais celle-ci est hors-concours). 
Pour différentes raisons politico-économiques, ce modèle fut construit dans une usine dédiée, à Linwood en Ecosse… C’est à dire à plus de 500 km de l’usine principale de Ryton. Dans certains cas, le processus de fabrication du moteur a exigé un aller-retour complet entre les deux établissements, ce qui n’a pas arrangé le prix de revient du modèle.
Le moteur, initialement destiné aux pompes à incendie, avait été développé par Coventry-Climax, un gage de performance. Sa légèreté permettait à la voiture de trop survirer à l’instar de ses concurrentes à moteur arrière.
Mais très vite, les clients s’aperçurent qu’il avait tendance à chauffer et à percer son joint de culasse à une cadence jugée excessive.

La fameuse lunette arrière ouvrante.  
La carrosserie s’avéra correctement conçue et assez spacieuse pour une citadine. Mais l’emplacement de la mécanique ne facilitait pas l’accès aux bagages. D’où l’idée d’une originale lunette arrière ouvrante à compas. Outre l’accès à la plage arrière, cette vitre permettait une ventilation extrême de l’habitacle, vitres latérales ouvertes, à la manière d’un cabriolet… Mais plus d’un conducteur distrait a vu ses papiers et autres objets légers s’envoler et disparaître par là !
Curieusement, le coupé (qui n’a en fait qu’un toit découpé différemment) sera privé de cet avantage. Il sera diffusé sous le nom de Hillman Californian (!!), Singer Chamois ou Sunbeam Stiletto.  
La gamme comprendra également un confidentiel break Husky et une fourgonnette Commer, inconnus de ce côté-ci du Channel.
Le coupé Singer Chamois.  
Les incidents mécaniques à répétition, l’absence d’efforts pour l’exporter, et surtout la concurrence acharnée de la Mini (qui enterrera toutes ses rivales) empêchèrent de connaître le succès qu’une mécanique brillante, un comportement amusant et un style avenant, auraient pu lui assurer…
On peut même considérer que ce modèle, qui représentait un gouffre financier pour la marque, précipita le groupe Rootes dans les bras de Chrysler qui revendit bien vite le tout à Peugeot, qui fit disparaître l’héritage Rootes-Chrysler dans l’opération Talbot avant de tout remplacer par ses propres modèles.
L’usine de Linwood se consacra à produire l’Avenger, puis la Chrysler Sunbeam qui prit la place de l’Imp, et ceci jusqu en 1981 où elle fut fermée.
Il faut noter que ce dernier modèle reprendra le moteur de l’Imp (modifié et passé à l’avant), sur l’une des versions… Et une lunette arrière ouvrante tenant lieu de hayon ! Les bonnes idées ne se perdent jamais.
Laurent Bunnik

PAGESUIVANTE –>

RETOURPAGE PRECEDENTE

RETOURMENU ARCHIVES CLOU-MAGAZINE

RETOURMENU PRINCIPAL

 

POUR ME DONNER VOTRE AVIS, VOS SUGGESTIONS, VOS REACTIONS, CLIQUEZ ICI !
POUR ME DONNER VOTRE AVIS, VOS SUGGESTIONS, VOS REACTIONS, CLIQUEZ ICI !

Tous les textes de CLOU-MAGAZINE sont sous copyright de Laurent Bunnik et ne peuvent être reproduits sans l accord de son auteur (Au cas où cela intéresserait quelqu un !).