CATALOGUES NUMERO 19 – JUILLET 2010 CLOU MAGAZINE OLDSMOBILE DELTA 88 DIESEL

CLOU – MAGAZINE

NUMERO 19 – JUILLET 2010
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LES POUBELLES DE L’HISTOIRE : OLDSMOBILE DELTA 88 DIESEL

Les voitures américaines, depuis les années cinquante, suscitent attirance ou répulsion : les dimensions extravagantes, les énormes moteurs, la tenue de route de péniche folle, les aménagements intérieurs dignes de Luna Park… Tout s’oppose les conceptions de l’automobile de part et d’autre de l’Atlantique.

En toute logique, les tentatives des Trois Grands d’importer leurs productions chez nous se sont toujours soldées par des échecs constants et répétés.

Mais ce grand pays plein de ressources, capable d’envoyer des hommes sur la Lune et sa jeunesse en Irak, ne se laisse pas facilement abattre.

En 1978, les dirigeants de General Motors disposent d’une mécanique Diesel… de 5.7 litres et de 122 ch, des caractéristiques sans équivalent en Europe à l’époque, le moment était venu de frapper un grand coup. D’où vient cette lubie ? Dans ces années qui suivent les premiers chocs pétroliers, tout le monde s’activait à développer des motorisations moins gourmandes en énergie.

En Europe, le Diesel n’était plus seulement l’apanage des "historiques" Mercedes et Peugeot, mais aussi de Volkswagen, Opel… avant que dans les années 80 chaque constructeur y aille de son mazout personnel (ou acheté au voisin). Econome, endurant, le Diesel faisait oublier son bruit de tracteur agricole et ses épaisses fumées noires : il commençait à devenir "tendance".

 
Comme il n’était pas question de développer un modèle dédié à cette technologie d’avant-garde (Il fallait quand même rassurer dans les campagnes du Middle West), la très classique Oldsmobile Delta 88, qui n’avait que deux ans mais qui semblait avoir toujours existé, fut choisie pour héberger le bijou.

Formes classiques, véritables fausses roues à rayon, sièges en skaï (le velours vert bouteille ou mauve sont disponibles également !), tableau de bord dont les riches imitations d’essences rares se marient à merveille avec le placage de chrome, toute l’Amérique était là !

La Règle et de l’Equerre régnaient sans partage à Detroit dans ces années-là.  

Les versions destinées à l’Europe furent censées recevoir des réglages de suspensions spécifiques destinés à renforcer la tenue de route… mais pour le conducteur moyen, la liaison au sol semblait être confiée à des chamallows et le volant ne servait qu’à donner de  vagues  indications de la direction à suivre.

Mais le moteur ? Il est bien ce fameux moteur ? Parce que c’est quand même pour ça qu’on est venus !

Des cadrans datant des années 60 sous un superbe placage de plastique champêtre.  
        

Eh bien contrairement à une légende répandue, ce n’est pas un bloc essence "diésélisé" mais une pure création des motoristes maison. Mais avec sa fixation de culasse défaillante, son filtre à gasoil qui laissait entrer l’eau (et ça, le moteur n’aime pas !), son absence de résistance à la chaleur, sa ligne d’échappement kafkaïenne, ce monument d’ingéniérie ne dépassait pas les 60 000 km à l’usage  !

Bien évidemment, à l’occasion, on pouvait dépasser 150 km/h (Ne rigolez pas, à l’époque, aucun "mazout" ne le faisait !) avant que le joint de culasse ne cède… A l’inverse, au ralenti, le bruit de char "Sherman" faisait de vous une célébrité dans le quartier.

Et ceci amena naturellement la fin de l’aventure.

Pourquoi se fatiguer à dessiner des sièges quand la banquette du salon suffit amplement ?  
Les Oldsmobile Delta 88, comme les américaines contemporaines, étaient sujettes à la corrosion et à divers soucis électriques. Les chromes se révèlent rapidement constitués d’une simple peinture qui ne demande qu’à s’effacer à l’usage… Bref, le carrosse se transforme assez vite en citrouille.

Les soucis mécaniques se multipliant, parfois bien avant l’échéance de la garantie, General Motors décida, aussi soudainement, d’interrompre l’expérience : après avoir réduit la puissance à 105 ch en 1980, l’exportation vers l’Europe cessera… Et, à la fin de la production de cette génération de Delta 88 en 1985, le Diesel sera abandonné pour ne plus jamais revenir sur le sol américain (du moins dans autre chose qu’un poids lourd ou une machine agricole) ! 

Laurent Bunnik

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